Ensemble, c’est tout… de suite !

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Étiez-vous à Joliette, vous ?

Les 8 et 9 juin derniers a eu lieu le 5e Colloque T.E.S. au Cégep de Joliette.

Organisé de main de maître par une équipe d’enseignants du Cégep, auxquels se joignent des éducateurs et professionnels de différents secteurs essentiellement de Lanaudière et de Montréal (Institut en Santé Mentale, Centres Jeunesse, Commissions scolaires, Tables de concertation régionale des organismes communautaires, C.S.S.S…), ce colloque a pour vocation de proposer, aux deux ans, du contenu riche et varié pour nous, éducateurs spécialisés, avec un thème central rassembleur. Celui de l’édition 2015 était « Les T.E.S. d’hier à demain, de l’unicité à l’interdisciplinarité » et celui de cette année, « Gardons la flamme ».

Donc, étiez-vous au Colloque de Joliette, vous ?

Si oui, vous avez sans doute vibré avec Sonia Lupien, chercheure, professeure et entre autres, directrice du Centre d’études sur le stress humain à Montréal ! Sa conférence d’ouverture était si drôle et allumée, si interactive, que le stress, ses différentes formes, sa fonction première, notre cerveau et les hormones associées, ainsi que les différentes façons de faire tomber ce stress quand il devient nocif n’ont plus de secret pour nous… ou presque ! Passionnant, pour nous qui avons un métier à la fois merveilleux et si intense, et pour les personnes avec qui nous travaillons, soumises elles aussi à des stress importants et variés.

Si vous étiez à Joliette avec nous , vous avez aussi pris part à la nouveauté de l’édition, un séminaire en petits groupes de travail, dont le fil conducteur était le thème du Colloque, « Gardons la flamme ». Avez-vous trouvé comme moi que ces partages, soutenus par des interventions en impact (bonjour Danie Beaulieu !), étaient vraiment soutenants, énergisants, et qu’ils avaient créé des liens entre nous. éducateurs de différents milieux, de différentes pratiques mais avec une flamme commune à (re)oxygéner ? J’y ai aussi découvert avec plaisir que nous nous oxygénions tous et toutes de façons parfois différentes, souvent proches, et toujours teintées des valeurs communes de notre profession.

Alors, Joliette… auriez-vous aimé y être ?

Vous auriez pu assister aux ateliers, données par des professionnels du milieu, en éducation spécialisée ou même en dehors. Qu’en auriez-vous pensé des contenus ? En ayant eu la chance d’offrir moi-même, avec ma collègue Mélissa Martel, trois ateliers (deux sur un outil de la pédagogie positive, le mind mapping, et un sur le regard de Pygmalion), je me dois de me fier aux échanges que j’ai eus avec plusieurs collègues présents lors des pauses pour  dire que les contenus étaient souvent riches et documentés, avec des partages d’expérience et des outils à rapporter dans nos pratiques respectives.

Auriez-vous ri, en fin de Colloque, avec Martin Larocque ? « Cela te tentes-tu ? » nous a-t-il demandé, avant de faire rire de nombreuses personnes avec ces anecdotes illustrant les multiples façons que nous pouvons développer, dans notre vie privée et professionnelle, pour ne pas faire les choses.

Je garde le meilleur pour la fin.

Comme tous les collègues présents, j’ai fait la rencontre de Sylvain Ratel, le président de l’Association des Éducateurs et des Éducatrices Spécialisés du Québec.

Notre association.

Une belle conférence d’ouverture, juste avant celle de Sonia Lupien, et la belle découverte d’un homme qui bouge, qui fonce, qui peut déranger, mais qui, avec son équipe, croit foncièrement en la valeur intrinsèque de notre profession. Personnellement, je suis membre depuis 2 ans, et je mesure mieux maintenant grâce à ce partage tout le travail fait par l’Association pour se bâtir un cadre de référence, une visibilité, pour amener notre profession à occuper de manière plus reconnue du grand public et des instances gouvernementales la place essentielle que dans les faits, elle occupe déjà et que lui reconnaissent ses partenaires de terrain. Un simple exemple, tiré du milieu scolaire que je connais un peu : à la fin de l’année scolaire, les messages sur Facebook de soutien aux enseignants qui ont fait du beau travail, sont fatigués et ont bien besoin de leurs vacances se sont multipliés : petites vidéos amusantes, images ou dessins humoristiques, témoignages même… Avez-vous vu passer beaucoup de ces messages concernant les éducateurs spécialisés présents dans les écoles, en soutien essentiel aux élèves ? Il y en a eu, notamment sur notre belle page, mais sur le Facebook général ? Or, une école qui fonctionne sans le soutien de ses éducateurs, est-ce encore la norme au Québec ?

Sylvain Ratel nous a chargé d’une mission, ce 8 juin dernier : de devenir dès maintenant des « éducateurs spécialisés », et non plus des « T.E.S., des techniciens en éducation spécialisée » !

team-386673Comprenez-vous la nuance ? Lorsque vous allez à l’hôpital, êtes-vous pris en charge par une « technicienne en soins infirmiers » ou par une « infirmière » ? Chez le dentiste, est-ce la « technicienne en hygiène dentaire » ou l' »hygiéniste dentaire » qui fait votre nettoyage de dents ? Vous avez compris : la fierté que nous ressentons pour notre profession, sa spécificité, sa défense, sa reconnaissance, peuvent se symboliser par ce titre : « Éducateur, Éducatrice Spécialisé/e ». Signons de cette façon. Témoignons de nos actions, de nos bons coups. Soyons visibles !

La constitution d’un ordre professionnel étant la prochaine étape de l’Association, nos avis à ce sujet sont importants : manifestons-nous.

J’ose croire, pour une première conclusion sous forme de clin d’oeil, que dans le titre de la 6e édition du Colloque de Joliette, en 2019, le « T.E.S. » sera unanimement compris par tous comme « Département de techniques d’éducation spécialisée » du Cégep de Joliette !

TESEt pour une dernière conclusion sous forme de coup de chapeau, lors du Colloque, chaque collègue questionné, chaque enseignant du Cégep rencontré… connaissait, utilisait, n’avait que de bons mots et même référait la page Facebook des Trésors en éducation spécialisée de Marie-Claude ! La visibilité et la fierté de notre profession te doit donc beaucoup, Marie-Claude : de leur part à tous, de notre part à tous, un beau MERCI !

 

 

Bon été à toutes et tous !

 

SaBine Gémis

T.E.S….. noooon ! Éducatrice spécialisée positive (=

Juillet 2017

Le petit morceau de carton

Il était une fois un petit morceau de carton, tout petit, avec de belles couleurs d’un côté et tout blanc de l’autre.

Oublié sur un coin de la table, il s’agrippait de son mieux pour y rester et faire son travail de petit morceau de carton, bien polyvalent en fait : il savait qu’il pouvait servir à caler une porte, stabiliser une table bancale, accueillir une mini-liste d’épicerie griffonnée à la hâte ou encore un tout petit mot d’amour… « je t’M« …

Il était déjà tombé de la table quelques fois : le vent du changement de saison, à l’ouverture de la porte patio, ou encore le chat et son besoin de somnoler sur quelque chose, avaient eu raison de son opiniâtreté… mais à chaque fois, sa persévérance à remplir sa tâche l’avait fait remarquer, même à terre, et il était retourné à son poste, fidèle.

Sa tâche… parfois, il se sentait un peu perdu, tout seul… surtout lorsqu’il voyait d’autres papiers cartonnés et qu’il se comparait, un peu… beaucoup… trop ? Le beau calendrier coloré sur le frigo, consulté par toute la famille… le dessin du petit dernier, encadré… la carte de géographie, nouvellement arrivée sur le mur de la cuisine, sujet de toutes les conversations du souper…

Quelle était sa place, à notre petit morceau de carton ? La connaissait-il, au fait ? Sa juste place, celle qui lui donnait des papillons dans le ventre quand il accomplissait son travail, celle qui le faisait se sentir important, connecté, utile…

Et vous, avez-vous deviné ce que notre petit morceau de carton coloré est en fait ?

Et bien, c’est un morceau de casse-tête ! 

Oui, un des 1000 morceaux du casse-tête autour duquel la famille se réunit chaque jour au retour de l’école et du travail, pour passer un petit temps ensemble avant la frénésie des devoirs et du souper. 

Notre petit morceau, isolé dans le coin de la table, sert à marquer le coin gauche du casse-tête, et est le premier de ses collègues, rassemblés en tas non loin de lui, à réaliser le soleil qui illumine le paysage représenté.

Il a enfin trouvé sa juste place, notre petit bout de casse-tête cartonné. L’avait-il oubliée ? Il fait partie d’un tout, il est absolument indispensable à la réussite du projet et il procure par sa présence et celle de ses collègues un moment de détente et de retrouvailles propice à la libération des émotions de chacun et concourant à la solidité de la famille. Toute une tâche, n’est-ce pas, qui n’a rien à voir avec celle de la carte de géographie, plus grande, plus chère… et une tâche qui est pourtant tout aussi utile.

Cette histoire m’a été inspirée par Danie Beaulieu et ses mille et une utilisations en impact des pièces de casse-tête, ainsi que par sa vidéo de la juste place. Je suis fan, et grande utilisatrice d’objets du quotidien pour illustrer un message, ou faire avancer une réflexion. L’impact est un de mes outils préférés en pédagogie positive. 

Je tenais à vous partager cette histoire pour souligner à ma façon la première Semaine des Éducateurs et Éducatrices Spécialisés, du 3 au 7 avril 2017, mise sur pied par l’AEESQ, l’Association des Éducateurs et Éducatrices Spécialisés du Québec. 

Connaissons-nous notre juste place, en tant qu’éducateurs ? Avons-nous tendance à nous comparer aux professionnels, aux enseignants, et ces comparaisons profitent-elles à notre estime de nous, à notre sentiment de compétence ? Nous sommes riches de notre proximité, nous sommes riches de notre diversité. Nos clientèles sont notre priorité, c’est certain… mais prendre soin de nous comme intervenants, pour aller plus loin, c’est aussi important.

Bonne semaine, les estimés et estimées collègues ! 

Bien fière de faire partie de cette profession… et ce, les 51 autres semaines de l’année aussi !

Les incontournables pour une sensibilisation à l’autisme réussie

Depuis 1984, Avril est le mois de l’autisme au Québec. Ailleurs au Canada, c’est octobre qui est consacré à l’autisme.

Pour trouver une trace d’un mois de l’autisme, il faut remonter dans les années 1970. C’est aux États-Unis que cette première édition du mois de sensibilisation est apparue. Depuis ce temps, avril est demeuré le mois de l’autisme aux États-Unis. Le Canada a choisi le mois d’octobre, mais, au Québec, ce mois concordait avec le mois de collectes de fonds de Centraide. Il aurait difficile pour les associations régionales d’amasser des fonds. En décembre 1983, la première semaine de l’autisme est mise sur pied par la Société québécoise de l’autisme (aujourd’hui Fédération québécoise de l’autisme). Elle se transforme dès avril 1984 en mois de l’autisme. Lire la suite