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Déficience auditive

Déficience auditive : communiquer autrement, comprendre les besoins et favoriser la participation

La déficience auditive désigne une diminution partielle ou totale de la capacité à percevoir les sons. Elle peut toucher une seule oreille ou les deux, être présente dès la naissance ou apparaître au cours de la vie.

Elle peut être légère, moyenne, sévère ou profonde, et ses répercussions varient considérablement d’une personne à l’autre.

Vivre avec une déficience auditive ne signifie pas nécessairement ne rien entendre, ne pas pouvoir communiquer ou présenter des difficultés intellectuelles.

Certaines personnes utilisent principalement la langue orale, d’autres communiquent en langue des signes québécoise (LSQ), tandis que d’autres combinent différents moyens de communication selon leurs besoins et leurs préférences.

La déficience auditive peut influencer plusieurs dimensions du quotidien, notamment l’accès à l’information, les apprentissages, les interactions sociales, la sécurité et la participation aux activités.

Bien au-delà de l’audition

Une difficulté auditive ne se limite pas à entendre moins fort.

Selon la situation, une personne peut avoir de la difficulté à comprendre une conversation dans un environnement bruyant, à suivre plusieurs interlocuteurs, à percevoir certains signaux sonores ou à accéder spontanément aux échanges qui se déroulent autour d’elle.

Ces situations peuvent demander des efforts importants et entraîner de la fatigue, de la frustration ou un sentiment d’isolement lorsque l’environnement n’est pas adapté.

Il est également important de reconnaître que la surdité ne représente pas uniquement une réalité médicale. Pour plusieurs personnes Sourdes, elle s’inscrit aussi dans une identité linguistique et culturelle, notamment à travers la langue des signes et la communauté Sourde.

Au-delà des limitations, reconnaître les capacités

Chaque personne possède ses propres forces, intérêts, préférences et moyens de communication.

L’objectif de l’accompagnement n’est pas de chercher systématiquement à faire entendre ou parler davantage, mais de permettre à la personne d’accéder à une communication complète, de faire des choix et de participer pleinement à son environnement.

L’accessibilité à la communication n’est pas un privilège : c’est une condition essentielle à la participation et à l’autonomie.

En intervention, il est important de comprendre comment la personne communique, quels obstacles elle rencontre et quelles adaptations peuvent faciliter ses interactions.

Tu trouveras ici des informations pour mieux comprendre la déficience auditive, des stratégies et des outils pour favoriser la communication et les apprentissages, ainsi que des ressources de soutien pour les personnes concernées, leurs proches et les intervenants.

Les conséquences d’une déficience auditive varient selon le degré de perte auditive, les fréquences touchées, l’âge d’apparition, les moyens de communication et l’environnement.

La perte auditive légère ou moyenne

La personne peut percevoir certains sons, mais éprouver de la difficulté à comprendre la parole, particulièrement en présence de bruit, à distance ou lorsque plusieurs personnes parlent en même temps.

La perte auditive sévère ou profonde

L’accès aux sons de la parole peut être très limité, même avec une amplification. Selon sa situation, la personne peut utiliser la langue des signes, des moyens visuels, des aides auditives ou une combinaison de stratégies.

La perte auditive unilatérale

Lorsqu’une seule oreille est touchée, la personne peut rencontrer des difficultés à localiser la provenance des sons ou à comprendre la parole dans un environnement bruyant.

La surdité acquise ou évolutive

Une perte auditive qui apparaît ou progresse au cours de la vie peut nécessiter des ajustements dans les habitudes de communication, les relations et les activités quotidiennes.

Le degré de perte auditive ne permet pas, à lui seul, de déterminer les capacités de communication ou les besoins de soutien d’une personne.

C’est pourquoi les adaptations doivent toujours être individualisées et élaborées avec elle, lorsque cela est possible.

Favoriser la communication, l’autonomie et la participation

Accompagner une personne présentant une déficience auditive ne consiste pas simplement à parler plus fort ou à répéter les consignes. Il s’agit de reconnaître ses moyens de communication, de réduire les obstacles et de lui permettre d’accéder pleinement aux échanges et aux activités.

Quelques principes peuvent guider l’intervention :

  • Attirer l’attention avant de communiquer. S’assurer que la personne est disponible et qu’elle peut voir son interlocuteur, lorsque la communication repose sur des indices visuels.
  • Adapter l’environnement. Réduire le bruit ambiant, favoriser un bon éclairage et choisir un emplacement qui facilite les échanges.
  • Parler clairement et naturellement. Éviter de crier, d’exagérer les mouvements des lèvres ou de parler trop rapidement.
  • Respecter les moyens de communication privilégiés. Utiliser la langue des signes québécoise (LSQ), la langue orale, l’écrit ou les outils de communication appropriés selon les besoins et les préférences de la personne.
  • Rendre l’information accessible. Utiliser des supports visuels, des sous-titres, des consignes écrites ou des services d’interprétation lorsque nécessaire.
  • Vérifier la compréhension sans mettre la personne en échec. Reformuler au besoin et permettre de poser des questions.
  • Favoriser la participation aux échanges. Éviter que plusieurs personnes parlent simultanément et s’assurer que les informations importantes sont accessibles.
  • Respecter l’autonomie et les choix. Demander à la personne quelles adaptations lui conviennent plutôt que de présumer de ses besoins.

Une communication accessible ne dépend pas uniquement des capacités auditives de la personne. Elle dépend aussi de notre façon de transmettre l’information et d’adapter l’environnement.

Et si ce n’était pas un manque d’attention?

Une personne qui ne répond pas à une consigne, qui semble distraite ou qui participe peu aux échanges n’est pas nécessairement désintéressée.

Avant d’interpréter son comportement, demandons-nous :

  • A-t-elle eu accès à toute l’information?
  • A-t-elle pu voir ou entendre correctement son interlocuteur?
  • Le bruit ambiant complique-t-il la compréhension?
  • Les consignes étaient-elles présentées dans un format accessible?
  • A-t-elle besoin d’un soutien visuel ou d’une autre modalité de communication?
  • Lui avons-nous demandé ce qui faciliterait sa participation?

Avant d’intervenir sur le comportement, assurons-nous que la communication est accessible.

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