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Trouble développemental de la coordination (TDC)

Aussi appelé dyspraxie motrice ou trouble de l’acquisition de la coordination (TAC)

Trouble développemental de la coordination (TDC) : comprendre les difficultés motrices et favoriser l’autonomie

Le trouble développemental de la coordination (TDC), également appelé dyspraxie, est un trouble neurodéveloppemental qui touche l’apprentissage et l’exécution des habiletés motrices.

Il peut rendre plus difficiles des gestes qui semblent simples pour d’autres personnes, comme écrire, utiliser des ustensiles, s’habiller, découper, faire du vélo ou participer à certaines activités sportives.

Ces difficultés ne sont pas liées à un manque d’effort ou de motivation. Elles concernent notamment la façon dont la personne apprend, organise et coordonne ses mouvements.

Bien au-delà de la maladresse

Un enfant présentant un TDC peut prendre davantage de temps pour accomplir une tâche, devoir se concentrer intensément sur certains gestes ou se fatiguer plus rapidement.

À l’école, les difficultés peuvent toucher l’écriture, la manipulation du matériel, l’organisation des tâches et la participation aux activités physiques.

À la maison, elles peuvent se manifester dans l’habillage, l’alimentation, l’hygiène ou les loisirs.

Les répercussions varient considérablement d’une personne à l’autre. Certaines éprouvent surtout des difficultés de motricité fine, tandis que d’autres rencontrent davantage d’obstacles dans les activités mobilisant l’équilibre et la coordination globale.

Reconnaître les capacités derrière les difficultés

Le TDC ne signifie pas que la personne manque d’intelligence ou qu’elle ne peut pas apprendre.

Elle peut très bien comprendre une tâche sans parvenir à l’exécuter avec la même rapidité ou la même précision que les autres.

Les échecs répétés, les comparaisons et les remarques sur la maladresse peuvent toutefois influencer la confiance en soi et la motivation.

Un geste difficile ne reflète pas nécessairement une compréhension limitée.

Accompagner pour favoriser la participation

L’objectif de l’accompagnement n’est pas de demander à la personne de multiplier les efforts pour faire exactement comme les autres.

Il s’agit plutôt de lui enseigner des stratégies adaptées, de modifier certaines tâches, de proposer des outils facilitants et de lui permettre de participer aux activités qui comptent pour elle.

Comprendre le TDC, c’est reconnaître que certains gestes demandent beaucoup plus d’énergie, de temps et de concentration, même lorsqu’ils paraissent simples.

Tu trouveras ici des informations pour mieux comprendre le trouble développemental de la coordination, des outils pour favoriser l’autonomie et les apprentissages ainsi que des ressources pour les familles et les intervenants.

Les manifestations possibles du TDC

Comment peut se manifester le TDC?

Le trouble développemental de la coordination peut influencer différentes habiletés motrices et activités quotidiennes. Les manifestations varient selon l’âge, les capacités de la personne et les exigences de son environnement.

Motricité fine et manipulation

  • Difficulté à tenir ou à utiliser efficacement un crayon, des ciseaux ou des ustensiles.
  • Écriture lente, laborieuse ou difficile à rendre lisible.
  • Difficulté à manipuler de petits objets.
  • Besoin de plus de temps pour attacher des boutons, utiliser une fermeture éclair ou faire des lacets.

Motricité globale et coordination

  • Difficulté à attraper ou lancer un ballon.
  • Maladresse apparente dans certains jeux ou sports.
  • Difficulté à maintenir l’équilibre ou à coordonner plusieurs mouvements.
  • Apprentissage plus difficile de certaines activités, comme faire du vélo ou nager.

Organisation et réalisation des tâches

  • Difficulté à enchaîner certains gestes ou étapes d’une activité.
  • Besoin de démonstrations et de répétitions pour apprendre un nouveau mouvement.
  • Lenteur dans l’exécution de certaines tâches.
  • Difficulté possible à organiser le matériel scolaire et certaines routines.

Fatigue, participation et estime de soi

  • Fatigue accrue lors d’activités qui exigent beaucoup de coordination.
  • Frustration devant certaines tâches répétitivement difficiles.
  • Évitement possible des jeux, des sports ou des activités d’écriture.
  • Diminution de la confiance en soi à la suite d’expériences d’échec ou de comparaisons avec les autres.

Ces manifestations ne sont pas nécessairement toutes présentes chez une même personne.

Elles ne suffisent pas non plus à établir un diagnostic de TDC. Une évaluation appropriée est nécessaire pour comprendre les difficultés et vérifier qu’elles ne s’expliquent pas mieux par une autre condition.

Favoriser les apprentissages, l’autonomie et la participation

Accompagner une personne présentant un trouble développemental de la coordination ne consiste pas simplement à lui demander de pratiquer davantage les gestes difficiles. Il est important de comprendre les exigences motrices des activités, de reconnaître les efforts nécessaires et de proposer des adaptations qui favorisent la réussite.

Quelques stratégies peuvent guider l’accompagnement :

  • Décomposer les tâches en étapes. Présenter les mouvements progressivement et utiliser des démonstrations concrètes.
  • Accorder davantage de temps. Adapter le rythme des activités afin de réduire la pression et la fatigue.
  • Adapter le matériel. Utiliser, selon les besoins, des ciseaux adaptés, des outils facilitant la préhension ou des équipements qui stabilisent le matériel.
  • Réduire la charge d’écriture lorsque nécessaire. Proposer des supports imprimés, un clavier, la dictée vocale ou d’autres moyens permettant de démontrer les apprentissages.
  • Privilégier des objectifs fonctionnels. Travailler des activités qui ont du sens pour la personne, comme s’habiller, préparer une collation, écrire ou participer à un loisir.
  • Enseigner explicitement les stratégies motrices. Guider la personne pour qu’elle découvre, pratique et ajuste les étapes d’une activité.
  • Favoriser les expériences de réussite. Proposer des défis progressifs et valoriser les progrès sans comparer la performance motrice à celle des autres.
  • Adapter les activités physiques et les loisirs. Offrir des occasions de participer sans imposer constamment des situations compétitives ou susceptibles de provoquer des échecs répétés.
  • Soutenir l’autonomie. Laisser la personne choisir ses objectifs, essayer différentes stratégies et utiliser les outils qui lui conviennent.
  • Collaborer avec les professionnels. Travailler avec les ergothérapeutes, les physiothérapeutes, les enseignants et les proches pour assurer la cohérence des adaptations.

L’objectif n’est pas de faire tous les gestes de la même façon que les autres, mais de développer des moyens efficaces pour accomplir les activités qui comptent pour la personne.

Les adaptations ne remplacent pas nécessairement l’apprentissage des habiletés motrices. Elles peuvent être utilisées en complément d’interventions ciblées pour favoriser la participation et réduire les obstacles.

Et si ce n’était pas un manque d’effort?

Lorsqu’un enfant écrit lentement, échappe fréquemment des objets, évite certaines activités ou semble maladroit, il peut être tentant de lui demander de faire davantage attention. Pourtant, avec un trouble développemental de la coordination (TDC), certains gestes qui deviennent automatiques chez d’autres enfants peuvent demander un effort de concentration important. La double tâche peut représenter un défi supplémentaire. Par exemple, un enfant peut avoir de la difficulté à écouter une consigne tout en écrivant, ou à réfléchir à ce qu’il veut raconter tout en se concentrant sur la formation des lettres. Avant d’intervenir, demandons-nous :
  • La tâche exige-t-elle une coordination motrice particulièrement difficile pour lui?
  • Comprend-il ce qu’il doit faire, mais éprouve-t-il de la difficulté à exécuter les gestes?
  • Doit-il réaliser deux tâches en même temps, comme écouter et écrire, alors que l’une d’elles lui demande déjà beaucoup d’attention?
  • La fatigue ou la surcharge cognitive influencent-elles sa performance?
  • Le matériel ou l’environnement pourraient-ils être adaptés?
  • Lui accordons-nous suffisamment de temps?
  • Peut-il démontrer ses connaissances autrement?
  • Avons-nous choisi avec lui une activité qu’il souhaite réellement apprendre?
Un enfant peut faire énormément d’efforts sans que sa performance motrice reflète tout le travail accompli. Adapter nos attentes, réduire les exigences de double tâche lorsque nécessaire et proposer des outils appropriés, c’est lui permettre de participer et de démontrer ses capacités sans devoir constamment compenser ses difficultés.

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