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Déficience motrice

Déficience motrice : comprendre les capacités, les besoins et les possibilités

La déficience motrice désigne une atteinte des fonctions qui permettent de contrôler les mouvements, de maintenir une posture ou de réaliser certaines activités physiques. Elle peut notamment influencer la mobilité, l’équilibre, la coordination, la force musculaire et la précision des gestes.

Elle peut être présente dès la naissance ou apparaître au cours de la vie à la suite d’une maladie, d’un accident ou d’une atteinte neurologique.

Ses manifestations varient considérablement d’une personne à l’autre. Certaines personnes rencontrent des difficultés à marcher, à se déplacer ou à maintenir une posture, tandis que d’autres éprouvent davantage de difficultés à manipuler des objets, à effectuer des gestes précis ou à réaliser certaines activités quotidiennes.

La déficience motrice peut être associée à différentes conditions, notamment la paralysie cérébrale, certaines maladies neuromusculaires, les lésions médullaires ou des atteintes neurologiques acquises.

Une déficience motrice n’entraîne pas automatiquement une déficience intellectuelle. Les capacités cognitives d’une personne ne peuvent pas être déduites de ses difficultés à bouger, à parler ou à réaliser certaines tâches.

Au-delà des limitations, reconnaître les capacités

Chaque personne possède ses propres forces, intérêts, préférences et capacités. Ses besoins de soutien peuvent varier selon son état de santé, son environnement, les activités à réaliser et les aides techniques disponibles.

Les obstacles rencontrés ne découlent pas uniquement de la déficience motrice. Un environnement inaccessible, du matériel inadapté ou un manque de soutien peuvent également limiter l’autonomie et la participation.

Par exemple, une personne utilisant un fauteuil roulant peut se déplacer de façon autonome dans un environnement accessible, mais rencontrer des obstacles importants dans un bâtiment comportant uniquement des escaliers.

Favoriser l’autonomie ne signifie pas nécessairement permettre à une personne de tout faire seule. C’est lui donner les moyens, les adaptations et le soutien nécessaires pour exercer ses choix et participer à son quotidien.

En intervention, l’objectif est de reconnaître les capacités de la personne, d’adapter l’environnement et de soutenir sa participation aux activités qui sont importantes pour elle.

Tu trouveras ici des informations pour mieux comprendre la déficience motrice, des stratégies et des outils pour faciliter le quotidien, ainsi que des ressources pour les personnes concernées, leurs proches et les intervenants.

Comment se manifeste la déficience motrice au quotidien?

La déficience motrice peut influencer différentes activités selon la nature de l’atteinte, les capacités de la personne et son environnement.

Ses répercussions varient considérablement d’une personne à l’autre. Certaines personnes auront besoin d’adaptations ponctuelles, tandis que d’autres nécessiteront un accompagnement plus important dans plusieurs sphères du quotidien.

Déplacements et mobilité

  • Difficulté à marcher, à monter des escaliers ou à se déplacer sur certaines surfaces.
  • Besoin d’une aide à la mobilité, comme une canne, une marchette ou un fauteuil roulant.
  • Difficulté à effectuer des transferts, par exemple du lit au fauteuil.
  • Obstacles liés à l’accessibilité des bâtiments, des transports ou des lieux publics.

Motricité fine et manipulation

  • Difficulté à saisir, tenir ou manipuler de petits objets.
  • Gestes demandant davantage de précision ou de coordination.
  • Difficulté à écrire, à découper, à utiliser des ustensiles ou à manipuler certains équipements.
  • Besoin de matériel adapté pour réaliser certaines activités.

Posture, équilibre et coordination

  • Difficulté à maintenir une position assise ou debout.
  • Problèmes d’équilibre ou de coordination des mouvements.
  • Besoin d’un soutien postural ou d’un positionnement adapté.
  • Difficulté à effectuer certains changements de position.

Fatigue, douleur et endurance

  • Efforts physiques plus importants pour réaliser certaines tâches.
  • Fatigue accrue lors des déplacements ou des activités prolongées.
  • Douleurs ou inconforts liés à certaines positions ou activités.
  • Besoin de pauses ou d’une adaptation du rythme des activités.

Autonomie et participation

  • Difficulté à réaliser certaines activités d’hygiène, d’habillage ou d’alimentation.
  • Besoin d’adaptations pour participer aux activités scolaires, professionnelles ou de loisirs.
  • Obstacles à l’accès aux transports et aux lieux communautaires.
  • Besoin d’assistance humaine ou d’aides techniques pour certaines activités.

Ces difficultés ne sont pas nécessairement présentes chez toutes les personnes ayant une déficience motrice.

Il est essentiel de considérer les capacités réelles de la personne, les activités qu’elle souhaite réaliser et les obstacles qui limitent sa participation.

Accompagner sans faire à la place

Accompagner une personne présentant une déficience motrice ne signifie pas nécessairement l’aider à accomplir toutes ses activités.

Une intervention adaptée consiste d’abord à reconnaître ses capacités, à comprendre ses besoins et à identifier les moyens qui lui permettent de participer le plus activement possible à son quotidien.

Quelques principes peuvent guider l’accompagnement :

  • Reconnaître les capacités de la personne. Ne pas présumer de ce qu’elle peut ou ne peut pas accomplir en fonction de son diagnostic ou de son apparence.
  • Favoriser l’autodétermination. Lui permettre d’exprimer ses préférences et de participer aux décisions qui concernent ses soins, ses activités et ses habitudes de vie.
  • Adapter l’environnement. Réduire les obstacles physiques, faciliter l’accès aux espaces et organiser le matériel pour favoriser sa participation.
  • Utiliser les aides techniques appropriées. Recourir aux équipements de mobilité, aux outils adaptés et aux moyens de compensation recommandés selon ses besoins.
  • Respecter le rythme de la personne. Tenir compte de la fatigue, de la douleur, de l’endurance et du temps nécessaire pour réaliser certaines activités.
  • Encourager la participation active. Offrir l’aide nécessaire sans retirer inutilement à la personne les occasions de faire par elle-même.
  • Soutenir l’inclusion. Favoriser l’accès aux apprentissages, aux loisirs, aux relations sociales et aux activités communautaires.
  • Collaborer avec les professionnels concernés. Travailler en complémentarité avec les ergothérapeutes, physiothérapeutes et autres professionnels afin de respecter les recommandations d’adaptation, de positionnement et de déplacement.

L’autonomie ne se mesure pas uniquement à ce qu’une personne peut accomplir seule, mais aussi à sa capacité de choisir, de participer et d’exercer un pouvoir sur son quotidien.

L’objectif de l’intervention n’est pas de faire disparaître toutes les difficultés, mais de créer les conditions qui permettent à la personne de développer ou de maintenir ses capacités et de participer aux activités qui comptent pour elle.

Les aides techniques : des moyens pour favoriser la participation

Les aides techniques peuvent jouer un rôle important dans l’autonomie et la qualité de vie des personnes présentant une déficience motrice.

Elles comprennent notamment les aides à la mobilité, les équipements de positionnement, les outils facilitant les activités quotidiennes et les dispositifs permettant d’adapter l’environnement.

Leur choix dépend des capacités de la personne, de ses habitudes de vie, de ses préférences et de ses besoins.

Une aide technique ne remplace pas les capacités de la personne : elle peut lui permettre de les utiliser plus pleinement.

Une évaluation professionnelle peut être nécessaire pour déterminer les équipements appropriés et assurer leur utilisation sécuritaire.

Et si la difficulté venait aussi de l’environnement?

Lorsqu’une personne ne participe pas à une activité ou semble avoir besoin d’une aide importante, prenons le temps de nous questionner :

  • L’environnement permet-il réellement sa participation?
  • Le matériel et les équipements sont-ils adaptés à ses capacités?
  • La tâche pourrait-elle être réalisée autrement?
  • Lui accordons-nous suffisamment de temps?
  • Est-ce que nous l’aidons trop rapidement, sans lui laisser l’occasion d’essayer?
  • Avons-nous demandé à la personne ce qu’elle souhaite faire elle-même et le soutien qu’elle préfère recevoir?

Parfois, ce n’est pas la personne qui doit développer davantage de capacités, mais l’environnement qui doit offrir davantage de possibilités.

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